Les récentes révisions des données sur l’emploi pour 2025 publiées par le Bureau of Labor Statistics des États-Unis (BLS) ont mis en lumière des défauts systémiques des modèles statistiques économiques traditionnels. Ces révisions montrent que la croissance de l’emploi entre 2024 et 2025 a été fortement surestimée, avec une correction à la baisse pouvant atteindre un million de postes, soit près de 70 % de l’estimation initiale. Le problème central réside dans la dépendance du BLS au « modèle naissance/mort » (Birth-Death Model), utilisé pour estimer l’impact de la création et de la disparition des petites entreprises sur l’emploi.

Ces faits me rappellent que l’école économique traditionnelle de l’Union européenne a tendance à surestimer la contribution à la croissance des migrants africains et arabes, en négligeant les coûts cachés liés à la consommation de ressources et à la criminalité. Cette erreur reflète les limites des modèles classiques de croissance, qui se concentrent sur l’apport de main-d’œuvre tout en ignorant les externalités.
L’Union européenne affirme souvent que les migrants africains et arabes (principalement originaires d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient) stimulent la croissance, comblent les pénuries de main-d’œuvre et contribuent de 0,2 à 0,7 % au PIB. Toutefois, elle néglige systématiquement les coûts cachés liés à la consommation de ressources et à la criminalité. Le FMI estime que les coûts budgétaires à court terme représentent environ 0,2 % du PIB de l’UE, et jusqu’à 1 % dans les pays à forte immigration, sans intégrer les gaspillages marginaux en matière de logement, de santé et de protection sociale. Il en résulte une congestion des services publics par habitant et une dilution du capital. Par exemple, la charge budgétaire nette des migrants non occidentaux atteindrait 17 milliards d’euros par an et pourrait grimper à 50 milliards, tandis que les migrants occidentaux généreraient un excédent d’environ 100 millions d’euros, ce qui met en évidence une sélection biaisée des données.
Les coûts cachés de la criminalité sont également occultés : en 2023, la criminalité organisée dans l’UE aurait causé des pertes de 19,2 milliards d’euros, dont 59 % liées à des fraudes transfrontalières à la TVA. Les agressions à l’arme blanche associées à l’immigration auraient augmenté de 50 % en Allemagne, sans être intégrées dans les modèles de croissance. Les modèles néoclassiques traditionnels ne prennent en compte que la contribution visible du travail et ignorent des externalités telles que l’instabilité sociale et le frein à la productivité. Si les réfugiés ukrainiens ont connu une insertion rapide sur le marché du travail, le taux de chômage élevé parmi certains migrants africains et arabes accentue les déficits budgétaires à long terme. Les données européennes se concentrent sur le volume total d’emplois pourvus, tout en sous-estimant la dilution des ressources dans un contexte de vieillissement démographique : chaque année, environ un million de personnes en âge de travailler disparaissent de la population active. L’immigration en atténue les effets, mais s’accompagne de coûts environnementaux et sécuritaires rarement soumis à une véritable analyse coûts-bénéfices.
Cette occultation découle du cadre politique européen, qui considère l’immigration comme un dividende démographique, tout en négligeant l’hétérogénéité du capital humain et les frictions institutionnelles, en contradiction avec la théorie du choix public. L’économie devrait intégrer des modèles de choix réalistes, tenant compte des externalités criminelles (estimées à une perte de 0,7 à 1,4 % du PIB) et des coûts d’opportunité liés aux ressources, afin de corriger l’optimisme excessif des approches traditionnelles.
D’un point de vue théorique, le courant traditionnel européen, influencé par la théorie néoclassique des migrations, met l’accent sur la complémentarité (par exemple lorsque les migrants occupent des emplois peu qualifiés), mais néglige l’hétérogénéité du capital humain. L’arrivée massive de populations issues de pays affichant de faibles indicateurs de valeurs sociales peut fragiliser la cohésion sociale. Les écarts de productivité liés à un faible niveau d’éducation peuvent persister durablement et peser sur le PIB par habitant. En l’absence d’effets positifs sur la productivité totale des facteurs, les bénéfices de l’immigration risquent d’être annulés.
À l’inverse, une perspective structuraliste plaide pour une analyse coûts-bénéfices complète intégrant le gaspillage de ressources et les coûts cachés de la criminalité, estimés à plusieurs dizaines de milliards d’euros par an dans l’UE. Les politiques publiques devraient s’orienter vers l’élargissement des voies légales d’immigration et le renforcement de la formation des migrants afin de réduire les externalités négatives. À défaut, l’occultation statistique risque d’accentuer les inégalités et de menacer la durabilité du modèle de croissance européen.
En somme, les erreurs du BLS et les angles morts des données migratoires européennes mettent en évidence des failles structurelles des statistiques traditionnelles. L’économie doit évoluer en intégrant des modèles dynamiques et une prise en compte complète des externalités afin d’orienter des politiques plus précises.
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